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Chronique Pavillon 666

"A la base, il existe deux genres de metalcore : le metalcore original, qui conserve les riffs du punk hardcore et la brutalité du heavy metal, et le metalcore mélodique qui combine les sons et les traits du death mélodique avec le punk hardcore, parfois émo.
« Unleashing the beast » joue sans l'ombre d'un doute dans la deuxième catégorie. Fans de « As I lay dying », vous devriez adorer le premier album de ce groupe nantais, deuxième effort après un premier EP paru en 2012.

Objectivement « Jusqu'aux dernières heures » est incontestablement une réussite du genre (je précise « objectivement » car le metalcore mélodique n'est pas, à la base, vraiment ma tasse de thé mais en tant que chroniqueur, je me dois d'adopter un point de vue...objectif!). Et ce, à tous les niveaux. Tant au niveau composition que production. Attardons-nous d'abord sur les compos. Le niveau technique du quatuor est impressionnant et lui permet toutes les fantaisies mélodiques et rythmiques. La vitesse et la puissance des riffs, les changements de rythmes plus que fréquents soutenus par des blastbeats d'enfer, la capacité à passer d'un univers noir, compact et violent à, l'instant d'après, un tableau mélancolique qui donne envie à l'auditeur en pleurs d'agiter un briquet bien haut à bout de bras est impressionnante.

La musique d'Unleashing the beast est riche de tous les ingrédients caractérisant le metalcore, à la croisée des chemins avec le deathcore (sauf pour la voix). Rapidité, passages syncopés ou saccadés, lourdeur et lenteur, le tout baignant dans une musicalité aussi sombre que les ténèbres.
Le chant, soit guttural qui délivre un growl impeccable ou bien clair et mélodique, est d'une efficacité remarquable. Le seul regret est que les paroles en français, bien que la prod tienne sans problème le haut du pavé, sont (mis en part sur les passages mélodiques) quasiment difficilement compréhensibles, dommage...
Concernant la production, un album comme « Jusqu'aux dernières heures » n'a rien a envié à ceux produits par les ricains (qui, force est de reconnaître, sont quand même les références dans la catégorie).
Le son est puissant, chaque instrument trouve sa place et est mis en avant à sa juste valeur. Les nombreux arrangements, toujours bien placés, contribuent à instaurer sur chaque morceau, l'ambiance anxiogène qui constitue la tonalité générale de la galette.

Cela étant dit et malgré tout le bien que je pense (réellement) de cet album, Unleashing the beast arrive aux limites du possible de l'exercice de style avec la musique délivrée dans ses 12 titres. En évoluant dans un genre balisé par des codes musicaux forts, nombreux, déterminés et pas vraiment enclins à être transgressés, le groupe nantais ne peut gagner ici le pari de l'originalité. Il y a bien « Die Luminis », courte interlude instrumentale faite de cordes (trop courte car elle est magnifique), douce et mélodique qui vient calmer le jeu en milieu d'album, l'intro assez longue et bien pensée de « Laissez parler la colère » ou « Jusqu'aux dernières heures » et sa structure atypique mais le manque de prise de risque qui aurait été salvateur se fait (logiquement) sentir. L'alternance entre parties growlées et parties mélodiques est bien trop prévisible et s'établit à chaque fois suivant le même schéma. L'ensemble des plans, des breaks même s'ils sont quasiment parfaits sont malgré tout beaucoup trop redondants pour permettre de vraiment différencier les morceaux les uns des autres.

En conclusion, « Jusqu'aux dernières heures » est un opus exemplaire en matière de metalcore mélodique et ravira les aficionados du genre les plus exigeants. « Unleashing the beast » frappe là un grand coup de par son niveau de maîtrise et le professionnalisme qu'il déploie pour proposer un premier LP remarquable. Par contre, curieux et avides de sonorités atypiques s'abstenir... "